Entretiens dans l'Ossuaire # 1 Avec Jérôme MARANDE

Entretien dans l'Ossuaire # 1 - Éric LIBERGE interrogé par Jérôme MARANDE

Mardi-Gras Descendres

Le tome 1 paraît en 1998, tu as 33 ans. C’est l’âge mûr pour publier ton premier vrai album ? On sent parfaitement dès ce premier opus qu’il s’agit là de bien plus qu’une simple histoire et que le scénario risque de nous emporter au-delà de ce que nous pourrions imaginer. Savais-tu dès le départ dans quoi tu mettais les pieds et où tu voulais aller ?

Je savais que j’allais vers une région inconnue, voire rejetée, du lectorat, de par les thèmes que je souhaitais aborder. Pour tout dire, je partais convaincu que j’allais publier "Mardi-Gras Descendres" à compte d’auteur, ce qui se faisait beaucoup dans le fanzinat de la fin des années 1990. J’ai pu passer des extraits dans quelques fanzines, ai recueilli des échos à la fois enthousiastes et décontenancés. Sur cette piste moyennement encourageante, j’ai donc pris le parti de faire l’album tout seul, sans éditeur. Arrivé à 60 pages, l’histoire bouclée, je l’ai présenté aux grandes maisons, comme on disait, qui ont toutes été effrayées. Seule une petite maison d’édition, Zone Créative, a tenté l’expérience, mais tout de même à reculons. Je crois que personne ne voulait se risquer à publier une histoire remplie d’os. Répugnance et monotonie, voilà ce qui ressortait des commentaires d’alors. Or, il y avait une histoire derrière tout cela, et mon propos était satirique. J’avais beau l’expliquer, mais la forme faisait écran. Fort heureusement, la fin des années 1990 baignait dans le gothique, et c’est cette frange de lecteurs, avec le public heavy et black metal, qui m’a beaucoup aidé.

Entretiens dans l'Ossuaire # 2 Avec Jérôme MARANDE

Entretien dans l'Ossuaire # 2 - Éric LIBERGE interrogé par Jérôme MARANDE

Prologue – Le facteur Cratophane

La lecture du prologue rend l'abord de la série plus facile, car il nous donne des clés pour comprendre des détails du scénario qui nous auraient échappés. Du coup, les nouveaux lecteurs qui vont la découvrir aujourd’hui seront peut-être moins découragés par la complexité de l’histoire. Néanmoins, je trouve que le fait de lire le prologue avant "Monsieur Mardi-Gras Descendres" enlève un peu de magie à l’effet de l’œuvre sur le lecteur. Quel est ton avis ?

C’est possible, car cela tient au fait que tu connais déjà l’univers présenté, et ses rouages. Il y a donc moins de surprise, comme dans toute préquelle. Et là, c’est un fait, je n’ai aucune prise sur ce phénomène. Dans cet ultime ouvrage, j’ai voulu aller aux origines de toute l’affaire, et l’on suit le facteur pas à pas dans cette découverte, mais je ménage tout de même le lecteur en préservant certains pans du mystère !