Bastien Vivès ©Chloé_Vollmer_Lo

A propos

Bastien Vivès naît le 11 février 1984 à Paris, de la rencontre d'un père peintre, illustrateur et photographe et d'une mère travaillant dans le domaine du décor cinématographique. Autant dire que chez les Vivès, l'art est omniprésent, ce qui va vite nourrir les envies et l'imaginaire du jeune Bastien. Après des études dans un lycée technique de dessin, il intègre l'école supérieure d'arts graphiques Penninghen (Paris) puis la prestigieuse école des Gobelins, en section Animation.

Bastien Vivès, sous le pseudo de « Bastien Chanmax », publie alors sur Internet les aventures de Poungi, un pingouin bien bête et bien méchant, mais si attachant que les Éditions Danger public publient en 2006 deux recueils de ses aventures. Vivès surprend dès l'année suivante en proposant Elle(s), roman graphique publié sous son vrai nom et inaugurant le label KSTR des Éditions Casterman. Loin de la violence jubilatoire de « Poungi », les aventures d'Alice et Charlotte, deux jeunes filles un peu paumées, séduisent par la subtilité de leur écriture. Vivès poursuit son parcours en publiant La boucherie, une cruelle réflexion sur l'amour (Warum, 2008) puis le pétillant Hollywood Jan pour KSTR (2008), avec Michaël Sanlaville - un duo dont on reparlera...

En 2008 toujours sort Le goût du chlore, one-shot unanimement salué par la critique, auquel le Festival d'Angoulême décerne en 2009 le Prix Essentiel « Révélation ». En racontant la rencontre d'un jeune garçon renfermé et d'une ancienne championne de natation fréquentant la même piscine, Vivès donne l'impression d'ouvrir grand le champ de nouvelles narrations BD, usant d'un trait aussi esthétique qu'en apparence lâché. Suivent, en 2009, Juju Mimi Féfé Chacha (avec Alexis de Raphelis chez Ankama) puis Dans mes yeux (Casterman), chronique amoureuse réalisée au crayon de couleurs, et enfin Amitié étroite (Casterman), où Vivès témoigne à nouveau d'un sens aigu de l'observation des comportements amoureux des jeunes.

En 2010, Vivès revient là où on ne l'attend pas avec « Pour l'empire », péplum introspectif et fantastique réalisé avec Merwan (3 tomes chez Poisson pilote/Dargaud). S'ensuit en 2011 Polina (Casterman), album contant la relation complexe entre une jeune fille et son exigeant maître de danse. Prenante de bout en bout, mettant en scènes des ressorts psychologiques ciselés, l'album récolte le Grand prix de la critique 2012 de l'Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) avant de se voir adapté au cinéma en 2016 par le danseur Angelin Preljocaj sous le titre Polina, danser sa vie. Comme pour mieux brouiller les pistes, Vivès sort, la même année que Polina, le one-shot pornographique Les melons de la colère, dans la collection BD cul des Requins marteaux.

En 2011, Bastien Vivès arrive doublement chez Dupuis à travers l'album collectif Comment je me suis fait plaquer... et autres histoires d'amours extras et ordinaires, mais aussi la série Les autres gens. En 2012, il intègre en compagnie de Ruppert et Mulot la collection Aire libre avec La grande odalisque, réjouissante fantaisie policière inspirée de la mythique série japonaise « Cat's eye ». Les 3 braqueuses sexy inventées par le trio reviennent en 2015 avec Olympia. Très actif sur son blog, Vivès publie à partir de 2012 d'hilarants recueils de dessins chez Delcourt, dans la collection Shampooing de Lewis Trondheim.

2013 voit l'arrivée chez Casterman de « Lastman », énorme saga développée sur un format manga, ou alternent grande aventure et grosse baston, sur un ton et une narration aussi toniques que décomplexés. La série, menée en collaboration avec Balak et Sanlaville, connaît 12 tomes et se termine en 2019, attestant d'un travail forcené mais d'une qualité restée intacte de bout en bout. « Lastman » est adapté en jeu vidéo (Lastfight, en 2016) ainsi qu'en série animée, sous la forme d'une préquelle aux albums. Une seconde saison animée, « Lastman, l'onde de choc », paraîtra en 2021. La série dessinée est complétée par « Lastman stories », dont le premier volume sort en 2018.

2017 est l'année de l'album Une sœur, chronique amoureuse de vacances peinte avec une subtilité discrète, qui vaut à nouveau à Vivès l'adhésion des lecteurs comme de la critique. Bastien repart ensuite explorer sa veine plus pornographique avec Le chemisier (Casterman, 2018) mais surtout La décharge mentale (Collection BD Cul, 2018) et Petit Paul (Glénat, 2018), qui déclenche une vive polémique.

En 2020, Bastien Vivès publie Quatorze juillet, chez Casterman, sur un co-scénario de Martin Quenehen. Polar social doublé d'une réflexion sur la France d'aujourd'hui, l'album séduit par la complexité psychologique de Jimmy, jeune gendarme vivant dans un pays marqué au fer rouge par la violence du terrorisme.

Il a ouvert, avec Le goût du chlore ou Polina, de nouveaux champs narratifs à la bande dessinée moderne. Mais Bastien Vivès s'emploie depuis à ne pas se reposer sur ses lauriers, alternant romans graphiques sensibles (Une sœur), grande aventure castagneuse (« Lastman ») ou encore réjouissants délires pornographiques (Les melons de la colère). Auteur toujours inventif, curieux et inattendu, Vivès publie aux Éditions Dupuis La grande odalisque, variation rafraîchissante et tonique de Cat's eye, réalisée avec Ruppert et Mulot.