Clerc © Loustal

A propos

Né le 12 octobre 1957 à Roanne (France), Serge Clerc occupe sa scolarité en remplissant ses marges de cahier de dessins et graffitis. Lorsqu'il n'est pas à l'école, il dévore le journal Spirou, Tintin, Pif, Pilote ainsi que Crumb et les comics underground. Sa découverte à 5 ou 6 ans, dans la cave familiale, d'un coffre rempli de Blek, Akim et autres Zembla à l'entêtant parfum d'aventure et de moisi l'a convaincu de devenir dessinateur.

« Je n'ai pas passé mon bac, c'est le bac qui s'est passé de moi », dit-il, et c'est vrai. Car à 17 ans, au lieu de passer son bac, Serge Clerc monte à Paris. Repéré par le rédacteur en chef Jean-Pierre Dionnet, auquel il avait adressé des dessins par la poste, le dessinateur autodidacte intègre Métal hurlant, fer de lance de l'explosion de la BD adulte avec Mœbius, Druillet ou encore Corben à son bord. Son premier album, Le Dessinateur espion !, tome 1 du mythique Phil Perfect, sort en 1978 aux Humanoïdes associés, suivi de titres aussi majeurs que Sam Bronx et les robots (1981) ou La Nuit du Mocambo (1983). Entre deux Phil Perfect, Serge Clerc réalise Captain Futur (sur un scénario de Philippe Manœuvre – Les Humanoïdes associés, 1979) et Mélanie White (scénario de Jean-Patrick Manchette, chez Hachette, 1979). Il participe à cette époque à de nombreux ouvrages collectifs, où se tissent des amitiés fortes avec des auteurs tels qu'Yves Chaland, Loustal, Ted Benoît ou encore Frank Margerin. Un courant graphique commence ainsi à voir le jour, proposant une relecture moderne et légèrement ironique de la ligne claire.

Dès 1983, Serge Clerc s'exporte pour une première exposition à New York, dans les locaux du mythique club Danceteria. En 1988, il signe chez Albin Michel l'album Manoir (co-scénario avec Madeleine DeMille) ou encore Night-Clubber chez Comixland. Travaillant à la plume, puis au pinceau, pratiquant avec un égal bonheur couleurs et noir et blanc, capable d'être transgressif tout en étant esthétique, Serge Clerc s'ouvre de nouveaux univers, travaillant dans la presse et la publicité. On le retrouve ainsi dans les colonnes de titres aussi prestigieux que Rock&Folk, New Musical Express, Player (Japon), Libération, Le Figaroscope, le New York Herald Tribune, Télérama, Jazzman ou encore Je bouquine et Phosphore. Parallèlement, Serge Clerc réalise de très nombreuses couvertures de roman et pochettes de disque pour Eddy Mitchell, Bijou, Thierry Hazard mais aussi des artistes internationaux comme Carmel, The Cramps, Comateens ou Joe Jackson. Serge Clerc synthétise alors son époque, les années 80, auxquelles il donne un ton rock, des couleurs et une identité visuelle…

En rupture d'éditeur après la fin de Métal hurlant, et victime d'une crise d'inspiration, Serge Clerc préfère se mettre en retrait pendant une décennie, pour mieux revenir à la bande dessinée avec L'Irrésistible Ascension (1999) et Les Limaces rouges (2000), tous deux publiés par les Éditions Reporter. L'univers de Clerc fait alors l'objet d'une exposition à la galerie Médicis (Paris). En 2008, Serge Clerc publie chez Denoël Le Journal, un imposant roman graphique explorant de l'intérieur la légendaire aventure de Métal hurlant.

Depuis toujours grand fan des personnages créés par les maîtres franco-belges tels que Hergé, Franquin ou Tillieux, Serge Clerc réalise chez Dupuis, en 2011, Spirou vers la modernité, album-hommage revisitant le mythe Spirou en le confrontant aux grandes figures de l'art du XXe siècle. Cet album aux qualités exceptionnelles donne l'envie à Serge Clerc et aux Éditions Dupuis de prolonger leur collaboration avec les intégrales Phil Perfect (2012), Rock (2014), Science-fiction (2016) et Noir (2017).

Participant régulièrement aux Rencontres Chaland, rassemblement annuel autour de la ligne claire organisé dans la ville de Nérac, Serge Clerc en est l'invité d'honneur en 2013.

Aujourd'hui, « toujours vaguement adulte », Serge Clerc passe son temps dans les expositions et dans les bars à exercer son regard, à expérimenter de nouveaux styles, à accumuler des tonnes d'études, de scénarios et de projets, « à la recherche de la ligne simple, du beau pli de pantalon et de la pin-up parfaite ».