Le Tendre

A propos

Né à Vincennes le 1er décembre 1946, Serge Le Tendre découvre au début des années 70, après quelques modestes travaux d'illustration, qu'il est définitivement meilleur scénariste que dessinateur. Ses très nombreux futurs lecteurs lui donneront ô combien raison, ce qui lui permettra d'abandonner sans trop de peine cette profession longtemps fantasmée.

À l'aise dans ses habits de scénariste tout neufs, Le Tendre multiplie dès lors les histoires courtes dans la presse, que ce soit chez Pilote, Mormoil, Tousse-bourin, Antirouille, Fluide glacial, Métal Hurlant, Formule 1, Fripounet ou encore Circus, s'offrant pour s'exprimer la patte de Dominique Hé, Annie Gœtzinger, Alain Voss, Michel Rouge, Loisel, Max Cabanes, Michel Blanc-Dumont et bien d'autres.

C'est dans les années 80 que ce long apprentissage porte ses fruits avec « La Quête de l'oiseau du temps » (Dargaud), illustrée par Régis Loisel, qui lui vaut très vite un important succès populaire, propulsant Pelisse et Bragon au rang d'icônes de la bande dessinée moderne. 4 tomes constituent le cycle premier (1983-1987) avant que celui-ci ne soit poursuivi (à partir de 1998) par le cycle « Avant la Quête », illustré par Lidwine, Mohamed Aouamri, Vincent Mallié puis David Etien. Le tome 1, L'ami Javin, reçoit en 1999 un Alph-art 9-12 ans au festival d'Angoulême. Un beau-livre - En quête de l'Oiseau du Temps (entretiens avec Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault) – vient célébrer cette belle réussite éditoriale.

C'est également dans les années 80 que Le Tendre lance, avec Dodier et Makyo, les premiers épisodes de « Jérôme K. Jérôme Bloche », chez Dupuis. On lui doit ensuite les troublantes « Errances de Julius Antoine » (1985-1989) avec Christian Rossi ainsi que « Takuan » avec Simeoni, puis TaDuc. Il démarre pendant la même période, avec Rodolphe, la saga « Taï-Dor », paraissant chez Novedi puis Vents d'Ouest, sur un dessin de Serrano puis Foccroule. Parallèlement, Le Tendre travaille beaucoup pour la presse, que ce soit dans Astrapi, L'écho des savanes, Je bouquine, Pilote-Charlie ou encore Okapi...

En 1992, Le Tendre est accueilli dans la prestigieuse collection Aire Libre avec L'Oiseau noir, illustré par Jean-Paul Dethorey, qui lui vaut à nouveau une belle reconnaissance. S'ensuivent les 4 tomes de « Labyrinthes », réalisés chez Glénat avec Dieter et Pendanx(1993-1997).

A partir de 1996, Le Tendre s'attaque à une étourdissante relecture de grandes légendes antiques, qu'il confronte à leur réalité de drame et de violence. La Gloire d'Héra puis Tirésias, dessinés par Christian Rossi, deviennent mythiques en plus d'être mythologiques. Il retrouve ensuite TaDuc, avec qui il crée « Chinaman », western mettant en scène un inattendu héros asiatique. La série, célébrée par la critique et les lecteurs, paraît d'abord aux Humanoïdes associés avant d'arriver chez Dupuis. En 2000, Le Tendre revient là où ne l'attend pas avec « L'histoire de Siloë », une remarquable trilogie d'anticipation mise en images par Stéphane Servain (Delcourt).

En 2004, « Le Livre des destins », œuvre inclassable mêlant polar, onirisme et récit super-héroïque, permet à Le Tendre et à Franck Biancarelli de rendre hommage à tous les imaginaires, qu'ils soient littéraires ou cinématographiques (5 tomes, Soleil). En 2008, Le Tendre participe au collectif Paroles d'étoiles (Soleil), célébrant le courage des enfants juifs et de ceux qui les cachèrent pendant la seconde guerre mondiale. En 2012, il s'associe à Jérôme Lereculey afin de revisiter la Grèce antique dans « Golias », superbe saga d'aventure et de jeux de pouvoir. En 2013, Le Tendre et TaDuc reviennent avec une grande saga d'heroic fantasy Asiatique. Son héroïne-titre – Griffe blanche – crève l'écran (ainsi que pas mal d'ennemis).

Amoureux des romans de David S. Khara, Le Tendre décide de les transposer en bande dessinée chez Dargaud, en compagnie de Frédéric Peynet. Le diptyque vampirique Les Vestiges de l'aube paraît entre 2014 et 2015, suivi par les trois tomes du « Projet Bleiberg », entre 2017 et 2019. Le Tendre publie également durant cette période le premier tome de la collection « J'ai tué » (Vents d'ouest) avec Abel, mis en images par Guillaume Sorel. Toujours avide d'expériences nouvelles, Le Tendre rejoint ensuite les toutes jeunes Éditions Drakoo, où il signe la série « Terence Trolley », sur un dessin de Patrick Boutin-Gagné.

En 2020, Serge Le Tendre et TaDuc offrent aux Éditions Dupuis un splendide Aire Libre : Le réveil du tigre, ou le dernier combat de leur emblématique Chinaman.

Scénariste de la mythique « Quête de l'Oiseau du temps » (avec Régis Loisel) Serge Le Tendre fait partie de ces rares auteurs capables de (re)visiter avec bonheur tous les univers auxquels il s'attaque. Que ce soit en appuyant son western sur un inattendu héros asiatique (« Chinaman »), en réalisant une autobiographie déguisée (« Les errances de Julius-Antoine »), en confrontant les mythes antiques à leur violence (La gloire d'Héra et Tirésias) ou en rendant onirique le polar, genre le plus terre-à-terre qui soit (« Le livre des destins »), Le Tendre est toujours là où on le souhaiterait. Mais jamais comme on l'attend !