Verron © Chloe Vollmer-Lo

A propos

Laurent Verron est né à Grenoble le 25 mai 1962. Son premier choc graphique lui vient du dessin animé Le livre de la jungle (1967), dont les images affichées à l'entrée du cinéma le tétanisent de bonheur. Il faut dire que ce long métrage Disney mêle ses deux passions : le dessin et les animaux. Après un bac obtenu au courage, Verron s'inscrit en faculté de géographie où il passera... 3 mois. Il décide alors de se consacrer pleinement au dessin en autodidacte, motivé par son deuxième choc graphique : Le trombone illustré, mythique supplément du Journal Spirou animé par Franquin. Toujours fourré dans la librairie BD grenobloise Graffitis, il y croise Ptiluc qui lui donne quelques trucs d'encrage au pinceau. Rencardé par un copain de lycée après son service militaire, Verron devient ensuite maquettiste dans une agence de publicité.

Tout s'accélère grâce au libraire de Graffitis, qui apprend à Laurent Verron que les Éditions Dargaud recherchent un auteur pour travailler sur l'album J'apprends l'heure avec Boule et Bill. Verron dessine une planche de « Boule et Bill », qu'il envoie chez Dargaud avant de passer à autre chose. Quelques semaines plus tard, l'éditeur Guy Vidal emmène le jeune homme à Bruxelles, chez Roba, qui confiera les crayonnés de J'apprends l'heure au débutant sorti de nulle part ! Installé à Bruxelles à partir de 1986, Verron se voit ensuite confier le lettrage et les décors de « Boule et Bill ». Le jeune autodidacte s'offre alors, sous le patronage du grand Roba, une merveilleuse formation où ce dernier lui apprend à maîtriser ce qu'il a baptisé le trait « lancé ».

Très heureux d'animer les personnages de Roba, Verron rêve toutefois de créer sa propre bande dessinée et devient, en 1990, le dessinateur de la mini-série « Le Maltais », aventures exotico-humoristiques scénarisées par Loup Durand (Éditions Lefrancq). Pendant cette période, il dessine également quelques histoires courtes pour Le journal Spirou. En 1994, il contacte le scénariste Yann. Deux ans plus tard, le duo propose aux Éditions du Lombard les aventures comico-délirantes d'Odilon Verjus – père missionnaire des années 30 à qui le Vatican confie moult missions ingrates et délicates. « Les exploits d'Odilon Verjus », série magnifiquement iconoclaste, connaît 7 tomes et se voit consacrer un mur du Parcours BD de Bruxelles, Rue des Capucins. Une intégrale en deux volumes augmentée d'un dossier conséquent paraît en 2020.

Outre ces publications, Verron veille à se ménager de nouveaux territoires graphiques. En 2000, il participe ainsi au collectif Comix 2000 de L'Association. En 2001 et 2002, il illustre pour les Éditions Vents d'ouest des textes de Piaf et Ferré dans des albums collectifs qui leur sont consacrés. En 2002, on le retrouve également pour un Goscinnyrama dans L'album Goscinny (Les Arènes). En 2003, il inaugure la collection Petits délires du Lombard en publiant Au fil du zinc (avec Cric), recueil de croquis au crayon gras pris sur le vif au bistrot. Ils poursuivront en 2005 avec l'album Tête de Gondole.

En 2001, convaincu par l'aide que Verron lui a apportée sur les dernières planches de l'album Les Quatre Saisons, Roba décide de lui confier, sans restriction, le destin de « Boule et Bill ». Quel cirque ! , réalisé sur des scénarios de Cric, Corbeyran, Cucuel et Veys, sort en 2003.

Tout en travaillant sur « Boule et Bill » avec Cric et Veys comme scénaristes principaux, Verron crée la série « Fugitifs sur Terra II » (2009-2012, Dargaud). « Fugitifs », sur une histoire de Cric que Verron nourrit par ses idées, lui permet de créer une ambitieux univers SF et tous publics. Verron poursuivra « Boule et Bill » jusqu'au tome 36 (Flair de cocker, 2015) avant de passer la main. Il participe à l'ouvrage collectif « Correspondances », échange graphique entre dessinatrices et dessinateurs québécois et français.

En 2017, la carrière de Laurent Verron prend un virage décisif avec la sortie de l'album Il s'appelait Ptirou, sur un scénario de Yves Sente (« Blake et Mortimer », « XIII », Cinq branches de coton noir ), où le lecteur est invité à découvrir les origines du personnage ayant inspiré le célèbre groom tutélaire des Éditions Dupuis. « Ptirou » et son dessin soigné, au trait charbonneux, vaut à Verron une reconnaissance aussi bien publique que critique. L'album est suivi, en 2020, par « Mademoiselle J », série suivant le destin de Juliette, que rencontra Ptirou, journaliste et femme indépendante traversant les grands enjeux du vingtième siècle.

L'air de rien, Laurent Verron vient encore de démarrer une nouvelle carrière.

Amoureux total du dessin et pur autodidacte, Laurent Verron est devenu collaborateur de Roba à la seule force de son talent. Après avoir été choisi par le maître pour reprendre « Boule et Bill », il anime le joyeux duo pendant 15 ans. Mais on doit également à Verron l'iconoclaste « Odilon Verjus », sur un scénario de Yann ainsi que Il s'appelait Ptirou (scénario de Sente), album contant les aventures du personnage ayant inspiré Spirou. Un album essentiel prolongé en 2020 par la sublime série « Mademoiselle J », publiée également aux Éditions Dupuis.