Ayroles

A propos

Né à Paris le 1er janvier 1969, François Ayroles obtient en 1988 un Bac scientifique avant d'étudier l'Histoire de l'Art à l'Université Panthéon-Sorbonne. Au terme d'une année de fac, pendant laquelle il suit en parallèle les cours du soir des Beaux-Arts de la ville de Paris, il décide de s'inscrire aux Beaux-Arts d'Angoulême, où il intègre l'atelier Bande dessinée dans lequel il restera jusqu'en 1992. Son service militaire accompli, François publie Le retour de Dieu (1994, Autrement) en même temps qu'il entame une collaboration régulière avec les Éditions L'Association, en particulier dans la revue Lapin- mais nous en reparlerons... La même année, il intègre l'OuBaPo (Ouvroir de Bande dessinée Potentielle), laboratoire d'expression graphique dont il deviendra l'un des représentants majeurs, participant à ses célèbres « oupus » collectifs.

D'abord très actif en tant qu'illustrateur pour la presse (Libération, SVM Mac, Les Inrocks), François Ayroles est contacté en 2002 par les Éditions Casterman, pour lesquelles il réalise Enfer Portatif (2003) puis Le Jeu des Dames (2007), son premier livre en couleur. Denoël Graphic lui propose également d'adapter en compagnie de Ted Benoit Playback, un scénario de film écrit par le grand Raymond Chandler mais jamais tourné. L'album sortira en 2004. Amateur de jazz et adepte du carnet de croquis, François Ayroles réalise beaucoup d'illustrations ayant pour objet le monde de la musique, dont certaines paraissent dans le recueil En concert (Éditions de l'An 2, 2003).

En 2010-2012, paraît aux Éditions Dargaud un diptyque scénarisé par Anne Baraou, Les Plumes, piquante satire du milieu littéraire. En 2014 François Ayroles publie Une affaire de caractères (Delcourt), merveilleuse et absurde fantaisie policière rendant hommage aux mots, qui obtient le Prix Jeune Albert aux Rencontres Chaland en 2015.

Après avoir rodé cette formule sur 28 Moments Clés de l'Histoire de la Bande dessinée (Le Neuvième Monde, 2004), Nouveaux Moments Clés de l'Histoire de la Bande dessinée (Alain Beaulet Éditeur, 2008) et Moments Clés de L'Association (L'Association, 2012), François Ayroles publie, en 2018, Moments clés du Journal de Spirou, chez Dupuis, réjouissante visite de Spirou à travers de grandes et petites anecdotes délicieusement mises en images. Très remarqué, cet album au format compact ouvre grandes les portes de l'hebdo mythiques aux spécialistes comme aux néophytes.

Les Requins marteaux accueillent ensuite François Ayroles pour Le vol d'Hermès (2019).

Et L'Association, dans tout ça ? François Ayroles en est un membre très actif, qui y a publié tout au long de son parcours. Citons par exemple Jean qui rit et Jean qui pleure (1995, redessiné en 2015), Notes mésopotamiennes (2000), Incertain Silence (2001) – avec un Buster Keaton picaresque en diable, Les Parleurs (2003) puis Les Penseurs (2006) – étonnants gags jouant avec l'usage du langage, Mon Killoffer de poche (2006), le recueil Travail Rapide & Soigné (2007), Jean-Pierre Léaud (Alain Beaulet Éditeur, 2007), Les Amis (2008) – une satire mordante de l'amitié, Les Lecteurs (2009), L'Amour sans peine (2015) ou encore En terrasse (2019), pertinentes mais parfois absurdes saynètes d'observation du quotidien.

François Ayroles collabore également à de multiples ouvrages collectifs (Comix 2000, L'Appareil, Les bonnes Manières, Rockstrips etc.) chez différents éditeurs et continue son travail dans la presse francophone et internationale, que ce soit chez Spoutnik, Strapazin, Internazionale, Black, Spirou, Le Tigre, Franky et Nicole, MLQ, Scratches, etc.). Il participe également à de nombreuses expositions (OuBaPo, Toy Comix, Cent pour Cent, etc.)

En 2011, il fait partie du comité de lecture de L'Association. De 2016 à 2017, il collabore à La Matinale, l'application smartphone du journal Le Monde avec le strip « En terrasse ».

Pilier de de l'OuBaPo (Ouvroir de Bande dessinée Potentielle) mais aussi de L'Association, François Ayroles fait partie de ces auteurs qui aiment réfléchir aux possibilités de la BD en jouant avec ses codes narratifs, en les repoussant, ou même en en inventant de nouveaux. Observateur tendre mais volontiers mordant de notre société et des codes qui la structurent, Ayroles déclenche rire puis réflexion dans Les parleurs, Les amis ou L'amour sans peine. Accompagné d'Anne Baraou, il dissèque avec la même élégance piquante le milieu littéraire dans Les plumes. Autant d'ouvrages traités dans des styles graphiques très différents mais toujours solides. Rare exception à la causticité de François Ayroles : Moments clés du Journal de Spirou, dans lequel l'auteur clame son amour du calot mais aussi de Jijé ou Franquin, auxquels il est attaché depuis l'enfance et pour lesquels son admiration n'a fait que se renforcer...